• Pauline

Mon accouchement par césarienne

 

"Quand le mot « césarienne » a été prononcé,

la seule chose que j'ai ressentie c'est du SOULAGEMENT ! "

 

Nous avons rendez vous pour la dernière échographie. Comme à chaque fois je suis impatiente de voir mon bébé, et comme à chaque fois j'ai une pointe d'appréhension Je n'oublie pas qu'une échographie est faite pour contrôler la santé de bébé.

Lors de ce rendez vous, nous avons eu la surprise de constater que notre bébé est placé en siège, tête en haut. Elle s’est retournée et à ce stade un autre retournement est peu probable. La gynécologue nous dit également que la quantité de mon liquide amniotique est « juste ». Elle décide de m’envoyer à la maternité pour vérifier que la poche des eaux n'est pas fissurée. Après vérification : négatif, la poche des eaux est intacte, tout va bien nous pouvons rentrer à la maison. Rendez vous pris 15 jours plus tard car un contrôle s'impose.


J'attends (im)patiemment que les deux semaines passent, puis la date arrive. Le contrôle nous confirme que la quantité de liquide amniotique n'est pas suffisante, les causes peuvent être multiples. Il faut que je consulte le gynécologue de la maternité pour connaître la suite du déroulement de la grossesse.

Lors de ce rendez vous, le gynécologue m'explique que le manque de liquide couplé à la position en siège de mon bébé ne font pas bon ménage pour un accouchement en toute sérénité. Il essaie de me faire comprendre avec toute la diplomatie et toutes les pincettes dont il dispose que la césarienne doit être envisagée . Je pense qu'il a mis toutes ces formes dans cette annonce car beaucoup de femmes vivent mal cette nouvelle. La césarienne est parfois perçu comme un échec.

Quand le mot « césarienne » a été prononcé, la seule chose que j'ai ressentie c'est du SOULAGEMENT !


J’appréhendais tellement l’accouchement par voies basses que finalement toute l'appréhension et le stresse accumulés venaient de s'envoler. Je me sens légère et sereine.

Je ne banalise pas la césarienne, je suis consciente que c'est une opération et que ça comporte des risques mais je les accepte bien plus facilement que toutes les craintes liées à un accouchement par voies basses.

Lors de ce rendez vous, assise en face du bureau du gynécologue, nous voilà à choisir une date pour l’accouchement. CHOISIR UNE DATE ! C'est très étrange de connaître la date de naissance de son bébé qui est encore bien au chaud et qui ne sait rien de ce qui se trame. Finalement, c'est comme si ce jour là nous avions pris rendez vous avec elle !


Je suis confiante car je connais bien ce médecin. Il m'a opéré pour mon endométriose. Mes suites opératoires ont été très simples, mes cicatrices quasi inexistantes. J'ai beaucoup discuté avec lui auparavant et je sais a quel point il est un médecin compétent et à l'écoute. Je repars donc sereine et en confiance pour le grand jour.


Et ce jour arrive. Enfin !

Pas de perte des eaux, pas de contractions toutes les 2 minutes pendant X heures, pas de réveil nocturne en panique, rien de tout cela. Simplement un rendez vous avec mon bébé !

Je suis entrée à la maternité la veille, une césarienne c'est protocolaire. Le matin j'ai pris la douche, la fameuse douche à la bétadine. Pendant cette douche je réalise que mon bébé sera bientôt là et que chaque étape de passée me rapproche d'elle. J'enfile ma tenue pour le bloc, je suis au top du glamour pour cette rencontre hors du commun !

Mon chéri et moi sommes installés dans une pièce en attendant que le bloc soit prêt puis dans un premier temps ils viennent me chercher, seulement moi.


L'anesthésiste est vraiment sympa, très rassurant, si bien que je n'ai aucune appréhension et lui fait une confiance aveugle. Et paf, c'est bon, la piqûre est faite, on m'allonge et les fourmillements arrivent très vite. Et c'est là, au tout dernier moment que l'appréhension arrive, et si je sentais tout ? Si ça ne fonctionnait pas ?

Je demande à l'anesthésiste s'il est normal que je puisse encore bouger mes pieds. A ce stade c'est normal, encore quelques minutes et je ne sens plus le bas de mon corps. Une sensation vraiment étrange.


Je sens que tout va s'accélérer et la panique me gagne. Moi qui était si sereine jusque là je ne le suis plus du tout. Je le dis à l'anesthésiste et me met à pleurer ! (La Team des madeleines c'est ici!)

Il a su trouver les mots pour me rassurer et le stresse s'est évacué avant l'arrivée de notre bébé.

Le moment arrive, tout est opérationnel, c'est seulement maintenant que mon chéri est autorisé à me rejoindre. Je suis tellement contente et soulagée qu'il puisse assister à la naissance de notre fille. Nous sommes en plein Covid et à la veille du confinement. Je le vois arriver en mode beau gosse avec sa charlotte sur la tête et sa blouse.

Nous savons que dès que papa arrive, tout va aller très vite !


Et leur travail commence. Je ressens tout un tas de sensations, ça tire sur mon ventre mais ce n'est pas désagréable, juste bizarre. Je sens que mon bébé arrive et je vis pleinement mon accouchement.

L'obstétricien nous parle en même temps « ah un bras... ». C'est tellement étrange de se dire qu'il la voit, qu'il la touche alors qu'elle est encore dans mon ventre.


Et en une seconde elle es là ! Une dame prend mon bébé et l'essuie. Je la vois de loin. Mais même de loin je vois qu'elle est magnifique ! (Objectivité bonjour!) Je suis en pleurs et j'ai l'impression qu'elle l'essuie depuis des heures ! Et puis elle finit par la poser sur moi. Quel moment ! Tellement hors du temps ! ça y est elle est là, je suis maman c'est bien réel ! Je commence à avoir mal au dos, je me sens inconfortable sur cette table d'opération, j'ai chaud. Je sens que j'ai besoin que ça se termine, qu'ils me recousent et que je puisse aller dans ma chambre. Un câlin puis elle repart accompagnée de son papa. Je les imagine en peau à peau pendant que je suis en train de me faire recoudre avec soulagement.


Une demi heure plus tard je suis autorisée à les rejoindre. Notre fille est sur mon chéri, c'est beau et en même temps complètement surréaliste.

Il faut que j'attende un peu pour la prendre, que mon corps se réchauffe après le bloc.

A ce moment là j'ai envie de clamer haut et fort qu'elle es là, qu'elle fait enfin partie de nos vies. J'ai envie de prévenir tout le monde ! Et puis la date était connue, nous savons que notre famille est dans l'attente. Mais nous allons attendre un peu, profiter de ce moment hors du temps, juste tous les 3 et savourez ce que va maintenant être notre vie !



Lorsqu'on discute de nos accouchements, en règle générale la césarienne est perçu comme un échec. Bien que ça ne soit pas formulé ainsi, les personnes veulent presque nous consoler en nous disant que le prochain sera différent, qu'accoucher par voies basses c'est magnifique, que sentir son bébé passer c'est à vivre etc...

Pourquoi ne pas laisser chaque femme ressentir son accouchement. Même pour les accouchements il devrait y avoir des classements de ce qui est le mieux, l'accouchement est il normé ? A partir du moment où la femme est heureuse de ce qu'elle a vécu pourquoi chercher ailleurs ?

J'ai eu une césarienne et j'ai adoré ce moment, j'ai ressenti moi aussi que mon bébé naissait. Si c'était à refaire je voudrais que tout soit exactement pareil.

Accoucher par voies basses n'est pas une fin en soi et n'est pas le rêve de toutes les mères. Je ne dis pas ici que la césarienne doit être un choix et peut être fait par complaisance mais que lorsqu'elle s'impose ça n'enlève rien à la beauté du moment. La césarienne n'est pas un sous-accouchement, la césarienne est comme tous les accouchements, un moment qui appartient à la femme qui l'a vécu et surtout la passerelle qui nous amène à cette rencontre que nous attendons pendant de nombreux mois, à la découverte de notre bébé !


Et toi, es tu heureuse de l'accouchement que tu as vécu ?


41 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout